Caroline est classée

Bateau d'Intérêt Patrimonial (B.I.P.)

auprès de la Fondation du Patrimoine Maritime et Fluvial

La Goélette "CAROLINE"


Elle est la réplique du schooner MALABAR IV, plan numéro 205 de 1922 de l'architecte américain John Gale ALDEN de Boston - Massachusetts USA.

Elle a été construite en 1995 au CHANTIER NAVAL DE PROVENCE (83 - France) après acquisition des droits sur les plans originaux.

  • Caractéristiques principales
    Catégorie : Goélette aurique
    Motorisation : 1 diesel PERKINS 85CV
    Longueur hors tout : 17,60 m
    Longueur coque : 14,28 m
    Largeur : 3.66 m
    Tirant d'eau : 2,06 m
    Poids : 17 tonnes
    Surface de voile : 139 m2.
    Cabines : 2
    Couchettes : 5
    Salle d'eau, WC et soute avant

La Marine en bois c'est autre chose !

 C’est une plaisance de la durée qui se moque du temps qui passe. Elle a décidé de préférer la fantaisie, la beauté, la vigueur et l’insouciance que l’on prête à l’enfance. C’est une marine qui cherche l’accord, la grâce et le temps des fugues andantes. Celles qui tintaient comme ces sonates échappées des doigts de Mozart.

Marine faite d’élégance, de traditions et de cet angélisme que l’on prête aux distraits. Il faut, en effet, une distraction peu commune pour esquiver l’air du temps, les conventions, les préférences convenues, les précipitations contemporaines lourdes de hontes et d’opprobres indignes!

Voila une marine robuste comme le chêne de ses membrures, joyeuse comme une vie offerte à la gaité. C’est une marine épanouie, telle une corolle ouverte sur l’écume pétillante.

La Marine en bois demande l’impossible et l’obtient, au détour d’une ile qui masque une calanque radieuse, paisible. Ensoleillée comme une baleine rêveuse. Elle se moque des tourbillons imbéciles qui désorientent nos économies. Elle glisse loin des artifices. Elle se trempe au sel des houles rondes qui conservent la trace des ruses d’Ulysse.

Quant aux capitanes de baignoires moulées dans le plastique qui sillonnent, aujourd’hui de fausses Caraïbes de pacotille, ils saluent avec envie cette marine qui flâne, impénitente, intemporelle, soucieuses de ravir à l’éternité ses élégantes manières. Ainsi pour les marins qui naviguent à l’ancienne, la beauté d’une carène, l’astuce d’un gréement, l’intelligence d’une manœuvre, entretiennent les appétits. A la manière de ces baladins qui accompagnent Le capitaine Fracasse, les équipages musardent dans les clairières du présent. Vous y rencontrerez Arlequin et Pierrot. Peut être Scaramouche et Colombine qui, pour un simple sourire, vous décrochent la lune. 

  • Une coque en bois.

  • Une barre à roue inclinée, c'est le style de tous les voiliers conçus par John Alden.

  • Un gréement aurique.

  • Des aménagements traditionnels,

  • conformes à l'original de l'époque.

  • Une construction classique sur membrures ployées et bordées en acajou Grand Bassam de Côte d'Ivoire.

Les Goélettes

MALABAR IV - 1924

Une goélette (Schooner en anglais) est un voilier dont le mât de misaine, placé à l'avant du grand mât, est plus court que ce dernier ou de taille égale.

Les goélettes sont des voiliers élégants, généralement équilibrés et bons marcheurs, ne nécessitant pas un équipage très nombreux pour la manoeuvre. Cependant, contrairement aux voiliers à gréement carré, ils ne pouvaient pas porter une grande surface de voiles, ce qui les limita à des rôles de cabotage ou de pêche hauturière, où leur manoeuvrabilité faisait merveille.

John Gale ALDEN

J.G. ALDEN

John Gale ALDEN est né à New York en 1884 dans une famille de huit enfants dont seulement quatre survivront. Il passe ses vacances à Rhodes Island et dans la baie de Narragansset. C’est là qu’il commence à apprendre à naviguer sur une barque à fonds plat, uniquement à la rame et avec un parapluie en guise de voile. Il s’imaginait pêcheur ou grand régatier.

A 18 ans son père est décédé et John décide de devenir architecte naval. Il prend des cours au M.I.T. (Massachusetts Institut of Technologie) de BOSTON, fait son apprentissage auprès de Cabinets d’architectes reconnus. Il obtient son diplôme en 1899.

En 1900, sa famille déménage vers Dorchester. Il y côtoie les grandes compagnies de pêche et leurs goélettes (schooner) de travail. ALDEN est tout de suite séduit par leurs carènes puissantes et élégantes.

En 1907 ALDEN entreprend une navigation qui le marquera toute sa vie:

Suite à une épidémie de variole qui décima 24 hommes d’équipage du schooner "La Gloire" appartenant à l’entreprise Orientale de Pêche, Alden se propose de convoyer ce bateau de Boston à son port d’attache, situé à plusieurs centaines de milles, avec quatre novices et un vieux loup de mer. Durant plusieurs semaines ils vont rencontrer des conditions très difficiles voire extrêmes, avec notamment des vents à 60 nœuds, des brouillards givrants et de la glace. ALDEN en gardera une vision future de bateaux robustes, résistants aux grosses mers et rapides pour des équipages réduits. On admirera toujours par la suite, ses dessins de carènes, non seulement pour leur grâce mais aussi pour leur stabilité.

 

MALABAR 2

En 1909 ALDEN fonde son propre cabinet d’architecture. Les débuts sont difficiles jusqu’en 1917, jusqu’à mettre en péril ses finances et son mariage. Mais dès 1920 le cabinet peut employer des dessinateurs spécialisés. Cependant ALDEN garde la main sur les croquis initiaux et la définition de chaque plan des bateaux qui lui sont commandés.

Puis ALDEN se lance dans la série des MALABAR (en référence à la cote de Malabar aux Philippine. En fait, chacun des MALABAR est différent des autres par la taille et le gréement. Tous ont la coque peinte en noir, c’est souvent la marque ALDEN. Du MALABAR junior au MALABAR X plusieurs de ces bateaux marquent l’histoire du yachting américain. C’est sans conteste le MALABAR IV (1924), qui donnera ses lettres de noblesses à John G. ALDEN et le hissera au sommet des plus grands architectes mondiaux à l’instar de Nathanaël ERECHCHOFF, SPARKMAN et STEPHEN ou encore l’écossais William FIFE III, en remportant toutes les courses ou elle se présente et notamment la très réputée Bermuda Race, 

John ADEN décède en 1962 en Floride, à l’âge de 78 ans. Il a navigué et régaté jusqu’à à la fin de sa vie. Son Cabinet perdure sous la gouverne de l’Architecte naval Neil HELLEBERG jusqu’en 2008. Puis, Neil HELLEBERG administre les archives du Cabinet ALDEN jusqu’en 2014 date à laquelle il ferme définitivement les portes du Cabinet et transfère le fonds des archives au M.I.T de BOSTON selon les vœux de John G. ALDEN.

  • Nommée "Victoire" à son neuvage, la goélette CAROLINE est référencée dans les archives prestigieuses du MIT Muséum à Cambridge Massachusetts : http://www.aldendesigns.com/

John G. ALDEN a dessiné plusieurs centaines de bateaux, voiliers de croisière ou de course, motors yachts, petites et grandes embarcations dont certaines sont très célèbres et naviguent toujours comme le schooner « WHEN AND IF »  (1947) pour le général PATON, héros de la seconde guerre mondiale ou la goélette « MAYAN » (1959) du chanteur David GROSBY du groupe GROSBY, STILL, NASCH and YOUNG.

SPIRIT est grée avec une grand voile de type "Marconi".

Le MALBAR IV de 1922 n'existe plus.  Il n'a été réalisé que deux répliques du plan 205, la goélette CAROLINE sous pavillon francais (plan 205C) et un sister ship outre Atlantique, le schooner "SPIRIT" sous pavillon américain (plan 205B). Ces deux bateaux sont régulièrement portés aux archives ALDEN du M.I.T. de Boston. Le nouveau nom du pan 205C, Caroline,  a été  déclarée auprès des archives.

 

 

Midi Libre Vendredi 13 Janvier 2017 " la Caroline" une célèbre goelette qui revient de loin

  Cette réplique du “Malabar IV” de l'architecte naval John Alden était, ce jeudi 12 janvier, au port de plaisance pour y recevoir ses deux grands mâts en pin d'Oregon, arrivés du Morbihan.

            Rencontre.

  Sur la fiche de la Fondation du patrimoine maritime et fluvial consacrée à La Caroline, il est noté : "La goélette affiche une très belle carène et cette belle réalisation classique ne laisse personne indifférent.

" Jeudi 12anvier, au port de plaisance de Frontignan, on a pu se rendre compte à quel point la Caroline compte de soupirants.

            Deux mâts mesurant 18m et 14,5m

  Venue de Sète où elle est amarrée au bassin du Midi, la Caroline recevait ses deux mâts en pin d'Oregon,- l'un de 18 m (le grand mât) ; le second de 14,50 m (le mât de misaine) fabriqués sur un chantier naval du Morbihan - ont rejoint leur place sur le pont. Non sans avoir reçu au talon de l'un d'entre eux, un dollar américain en guise de doublon d'or.

  La Caroline n'est pas un bateau comme les autres mais la réplique d'un bateau fétiche de l'architecte naval américain John Gale Alden (1884-1962). En 1922, il dessina la goélette Malabar IV qui, en 1923, remporta sept courses tant sur la côte Est des Etats-Unis qu'aux Bermudes. Un mythe dont il n'existe que deux répliques, l'une aux États-Unis; la seconde ici.

  Michel Marquez, chef d'entreprise à la retraite, navigateur et "amoureux des bateaux", en a retrouvé la trace par une annonce sur Internet. Construite sur les chantiers navals de Provence en 1993, cette réplique n'avait jamais été terminée et était passée de mains en mains. "Elle en était à son quatrième propriétaire et se trouvait en perdition au Canet-en-Roussillon, raconte-t- il. J'ai toujours rêvé d'avoir une goélette américaine et si possible une John Alden ». Lorsque j'ai vu cette annonce mal ficelée, avec une mauvaise photo, je n'en croyais pas mes yeux ! J'ai tout de suite pris ma voiture pour aller à Canet."

            Coup de foudre

  Il y a six mois, le bateau, qui s'appelait alors Victoire, est acheté "pas très cher", et conduit au port de plaisance de Frontignan pour un mois de carénage suivi de sa restauration. Aux côtés du capitaine, se sont retrouvés beaucoup d'amis, dont le second Bernard Charleux, tombés sous le charme de ce bateau en bois à la coque en acajou, au pont en teck, aux membrures en acacia... De  multiples essences.

  "Ce n'est pas bien de débaptiser un bateau mais on a voulu tourner la page. On a choisi Caroline qui a une consonance américaine et qui se trouve être le prénom de ma femme", poursuit le capitaine.

  Pour restaurer cette pièce de musée, Michel Marquez a cassé sa tirelire et mené "une chasse au trésor". Il a fallu dénicher des spécialistes pour faire fabriquer des pièces sur mesure à partir des plans retrouvés au Massachusetts Institut Technologic de Boston : un chaudronnier pour les ferrures ; un gréeur pour les câbles de gréement ; un charpentier de marine pour les mâts. "On a mis beaucoup de gens en effervescence qui se sont tous montrés enthousiastes.

  Mais il reste d'autres étapes. On doit faire les voiles et en avril, on espère qu'elle pourra naviguer.

Membre du

R.Y.C.P.

Royal Yacht Club de Patagonie